| Eiffel
a construit de par le monde des centaines d'ouvrages métalliques
en tout genre.
Si
les ponts - et particulièrement les ponts de chemin
de fer- ont été son domaine de prédilection,
il s'est aussi illustré dans le domaine des charpentes
et des installations industrielles. Il a jalonné sa
carrière d'une belle série de réalisations,
dont se détachent les deux viaducs quasi-jumeaux de
Porto et de Garabit dans le Cantal, ainsi que des oeuvres
où l'inventivité de l'entreprise a pu davantage
se donner libre cours. Ainsi les ponts "portatifs",
vendus en "kit" dans le monde entier, ou l'astucieuse
structure de la statue de la Liberté à New-York,
et bien sûr la Tour Eiffel.
Eiffel
avait accepté en 1887 de construire les écluses
du canal de Panama.
Cette
gigantesque entreprise mal engagée par Ferdinand de
Lesseps aboutira au plus grand scandale financier du siècle.
C'est le contrat le plus important mais aussi le plus risqué
de toute sa carrière d'entrepreneur. Face aux risques
encourus, il obtient d'énormes avantages financiers
et de solides garanties, qui l'assurent d'encaisser son bénéfice
dès le commencement des travaux. Malgré la diligence
d'Eiffel, la mise en liquidation de la Compagnie du canal
le 4 février 1889 aboutit à son inculpation
pour escroquerie, aux côtés de Lesseps père
et fils, puis à sa condamnation à deux ans de
prison et à 2000 francs d'amende, alors que rien ne
peut réellement lui être reproché. Profondément
atteint dans son honneur et dans sa dignité, il se
retire du monde des affaires. Le jugement sera cassé
par la Cour de Cassation en invoquant la prescription des
faits reprochés, ce qui mettra fin à toute poursuite.
Eiffel
consacre les trente dernières années de sa vie
à une féconde carrière de savant.
Il
s'emploie d'abord à trouver une utilité à
la Tour, qui n'avait été construite que pour
une durée de vingt ans: expériences sur la résistance
de l'air, station d'observation de météorologie
et surtout antenne géante pour la radio naissante.
Parallèlement à la collecte de données
météorologiques dans les stations installées
dans ses diverses propriétés, il poursuit ses
études sur l'aérodynamisme en construisant une
soufflerie au pied même de la Tour, puis une plus importante
en 1909 rue Boileau à Paris, toujours en activité.
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